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De la vie

Périple dans l'insondable

De la vie Najib BENSBIA 03/08/2026
J’irai là où ma tête me conduirait.
 
C’est ce que dirait une personne rationnelle, parce ce qu’elle sait que tout n’est pas le fruit du hasard, des circonstances ou de quelque force occulte qui dirigerait le monde selon des mécanismes échappant à tout contrôle humain. Cela est non seulement primaire comme mode de pensée, cette façon de voir les choses de la vie reflète incommensurablement une instabilité émotionnelle évidente.
L’expérience se charge vite de fissurer cette assurance.

Le vécu ne se laisse pas réduire à une chaîne de causes lisibles, encore moins à un schéma intellectuellement rassurant. Ce que l’on éprouve déborde souvent ce que l’on comprend, et c’est précisément de cet écart que naît le malaise. On continue à agir, à décider, à avancer, à aimer, à tromper tout en sentant que les raisons invoquées après coup ne suffisent pas à rendre compte de ce qui a réellement été traversé, vécu, expérimenté, subi.
 
Il devient alors tentant de confondre lucidité et rejet de la complexité. S’en tenir aux apparences, même sous couvert de rationalité, revient parfois à se protéger de ce qui dérange : l’ambivalence des motivations, l’opacité des désirs, la part irréductible de l’inconnu qui traverse toute existence. Le vécu ne livre pas spontanément tout son sens, il impose sa densité propre.

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