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EDITORIAL
La société iranienne, entre révolution et résistance
Depuis la révolution islamique de 1979 en Iran, les vagues de protestation et les soulèvements se sont succédé, sans jamais réussir à desserrer durablement l’étau du régime islamique, l’encadrement sécuritaire et idéologique, la corruption et la prédation économiques. Pourtant, les luttes internes de la population iranienne ont souvent été considérées d’abord à l’aune de leur alignement plus ou moins grand avec les intérêts des puissances régionales ou internationales, ou à celle des dérives du régime islamique.
Ainsi, les appels de puissances extérieures au changement de régime, comme les interventions militaires ou les sanctions économiques, ont davantage visé à orienter la dissidence iranienne vers des objectifs étrangers qu'à soutenir la société dans la défense de ses revendications propres. De même, depuis les premiers jours de la révolution khomeyniste et plus nettement encore à partir des années 2000, la mainmise progressive de l’aile la plus radicale du pouvoir politique et militaire iranien sur le gouvernement a conduit à restreindre violemment toute liberté d'expression ou velléité de participation civique à ce qui sert ou non la survie du régime. Dès lors, le destin de la résistance civile iranienne reste hypothéqué tant par les soubresauts géostratégiques de la région que par la crispation idéologique du régime islamique.
C’est pourquoi ce dossier propose une lecture des mouvements et dynamiques civiles iraniens non pas dans l’ombre, mais à la lumière des relations inter-étatiques qui ont trop longtemps accaparé les regards. Depuis 1979, de nombreuses voix publiées dans Esprit se sont intéressées à l’évolution démographique, aux conditions de vie, à la diversité géographique ou aux courants d’opinion présents dans différents segments de la population iranienne. Que ce soit dans les couloirs de l’université de Téhéran, au sein des familles ou sur les places publiques, les mouvements de la société civile n'ont en effet cessé de se réaffirmer comme une force politique en Iran. Et si l'opposition a toujours su rassembler des composantes diverses de la société iranienne, la jeunesse et les femmes en ont souvent porté les expressions les plus vives.
Ce sont ces exigences tant politiques que sociales, culturelles et spirituelles des mouvements sociaux qui ont continûment élargi la portée d'une révolution que le régime, lui, n'a cessé de rétrécir ou de trahir. À l'heure de recompositions politiques majeures, aussi bien à l'échelle régionale qu'au sein du régime islamique, il semble d'autant plus nécessaire de ne pas perdre de vue celles et ceux qui portent encore si haut la défense de leurs vies et de leurs libertés.
In ESPRIT - mai 2026
Ainsi, les appels de puissances extérieures au changement de régime, comme les interventions militaires ou les sanctions économiques, ont davantage visé à orienter la dissidence iranienne vers des objectifs étrangers qu'à soutenir la société dans la défense de ses revendications propres. De même, depuis les premiers jours de la révolution khomeyniste et plus nettement encore à partir des années 2000, la mainmise progressive de l’aile la plus radicale du pouvoir politique et militaire iranien sur le gouvernement a conduit à restreindre violemment toute liberté d'expression ou velléité de participation civique à ce qui sert ou non la survie du régime. Dès lors, le destin de la résistance civile iranienne reste hypothéqué tant par les soubresauts géostratégiques de la région que par la crispation idéologique du régime islamique.
C’est pourquoi ce dossier propose une lecture des mouvements et dynamiques civiles iraniens non pas dans l’ombre, mais à la lumière des relations inter-étatiques qui ont trop longtemps accaparé les regards. Depuis 1979, de nombreuses voix publiées dans Esprit se sont intéressées à l’évolution démographique, aux conditions de vie, à la diversité géographique ou aux courants d’opinion présents dans différents segments de la population iranienne. Que ce soit dans les couloirs de l’université de Téhéran, au sein des familles ou sur les places publiques, les mouvements de la société civile n'ont en effet cessé de se réaffirmer comme une force politique en Iran. Et si l'opposition a toujours su rassembler des composantes diverses de la société iranienne, la jeunesse et les femmes en ont souvent porté les expressions les plus vives.
Ce sont ces exigences tant politiques que sociales, culturelles et spirituelles des mouvements sociaux qui ont continûment élargi la portée d'une révolution que le régime, lui, n'a cessé de rétrécir ou de trahir. À l'heure de recompositions politiques majeures, aussi bien à l'échelle régionale qu'au sein du régime islamique, il semble d'autant plus nécessaire de ne pas perdre de vue celles et ceux qui portent encore si haut la défense de leurs vies et de leurs libertés.
In ESPRIT - mai 2026