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EDITORIAL
Fascisme en France, le grand malentendu
L’élection présidentielle française de 2027 aura pour enjeu non pas l’alternance, mais une possible rupture. Laquelle ? Afin de conjurer celle que provoquerait la victoire du Rassemblement national, une partie de la gauche se mobilise contre le risque du fascisme.
Par Benoît Bréville & Pierre Rimbert I Le monde diplomatique I août 2026
Au grand jeu des pronostics sur l’avenir politique de la France, en voici un qui écrase la concurrence dans les débats à gauche depuis deux décennies : « Le fascisme ! » — comprendre : nous y allons tout droit. Avec son culte de la police, son obsession sécuritaire et son ciblage des jeunes issus de l’immigration, ces « racailles » à passer « au Kärcher », M. Nicolas Sarkozy avait suscité à la fin des années 2000 moult critiques sur ce thème.
Au tournant des années 2015-2016, les attentats islamistes, la psychose à propos des « jeunes radicalisés » et la vague des réfugiés du Proche-Orient ont profondément enraciné dans une partie de la population l’idée d’un « ennemi de l’intérieur » prêt à frapper la République avec la complicité d’une certaine gauche.
Un coin supplémentaire a été enfoncé quand le président François Hollande a voulu déchoir les binationaux nés français condamnés pour un « crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation ». Avec la répression des mouvements sociaux, la banalisation médiatique de thèmes naguère cantonnés au conservatisme le plus extrême, la progression quasi continue du Rassemblement national (RN) au cours des deux mandats de M. Emmanuel Macron et la bienveillance du patronat vis-à-vis de ce parti, l’hypothèse devient certitude : le fascisme gagne la France.
La référence au régime mussolinien et à l’entre-deux-guerres présente l’indiscutable avantage de frapper les esprits. Elle suppose l’idée d’une bascule autoritaire une fois l’extrême droite parvenue au pouvoir grâce à la capitulation des partis traditionnels, qui ont concédé à l’adversaire le cadre du débat. Il s’agit donc de mobiliser tant qu’il est encore temps en s’appuyant sur l’exemple de luttes antifascistes illustres quoique pas toujours victorieuses.
Continuer la lecture : Fascisme en France, le grand malentendu
Photo A La Une : Cette image montre des agents de l'Arma dei Carabinieri, la force de gendarmerie nationale italienne, reconnaissables à leur uniforme officiel noir et rouge distinctivement orné d'une bande rouge sur le pantalon et de la grenade ailée argentée sur la casquette. Les policiers portent la veste noire distinctive avec des coutures rouges et le chapeau traditionnel à visière appelé ''lucerna'' ou casquette de service de type rigide.
Par Benoît Bréville & Pierre Rimbert I Le monde diplomatique I août 2026
Au grand jeu des pronostics sur l’avenir politique de la France, en voici un qui écrase la concurrence dans les débats à gauche depuis deux décennies : « Le fascisme ! » — comprendre : nous y allons tout droit. Avec son culte de la police, son obsession sécuritaire et son ciblage des jeunes issus de l’immigration, ces « racailles » à passer « au Kärcher », M. Nicolas Sarkozy avait suscité à la fin des années 2000 moult critiques sur ce thème.
Au tournant des années 2015-2016, les attentats islamistes, la psychose à propos des « jeunes radicalisés » et la vague des réfugiés du Proche-Orient ont profondément enraciné dans une partie de la population l’idée d’un « ennemi de l’intérieur » prêt à frapper la République avec la complicité d’une certaine gauche.
Un coin supplémentaire a été enfoncé quand le président François Hollande a voulu déchoir les binationaux nés français condamnés pour un « crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation ». Avec la répression des mouvements sociaux, la banalisation médiatique de thèmes naguère cantonnés au conservatisme le plus extrême, la progression quasi continue du Rassemblement national (RN) au cours des deux mandats de M. Emmanuel Macron et la bienveillance du patronat vis-à-vis de ce parti, l’hypothèse devient certitude : le fascisme gagne la France.
La référence au régime mussolinien et à l’entre-deux-guerres présente l’indiscutable avantage de frapper les esprits. Elle suppose l’idée d’une bascule autoritaire une fois l’extrême droite parvenue au pouvoir grâce à la capitulation des partis traditionnels, qui ont concédé à l’adversaire le cadre du débat. Il s’agit donc de mobiliser tant qu’il est encore temps en s’appuyant sur l’exemple de luttes antifascistes illustres quoique pas toujours victorieuses.
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Photo A La Une : Cette image montre des agents de l'Arma dei Carabinieri, la force de gendarmerie nationale italienne, reconnaissables à leur uniforme officiel noir et rouge distinctivement orné d'une bande rouge sur le pantalon et de la grenade ailée argentée sur la casquette. Les policiers portent la veste noire distinctive avec des coutures rouges et le chapeau traditionnel à visière appelé ''lucerna'' ou casquette de service de type rigide.
La photo est publiée par NB LECTURES indépendamment de l'article du journal Le monde diplomatique en ligne.