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REFLEXION
Conflictualités à l’échelle mondiale
Les théoriciens de la géopolitique mondiale adhèrent avec plus ou moins de nuances à l’idée que la compartimentation des zones d’influence est subdivisée en deux compartimentations: la zone de dominance (USA + Europe) et la zone de soumission (le reste du monde dont la sphère arabe est le maillon le plus faible). Dans cette géostratification, il est avancé que l’influence stratégique américaine a atteint sa phase terminale avec son déclin graduelle mais systématique.
Par Najib BENSBIA I Dans un contexte international fluctuant, ce constat peut-il changer quelque chose au délabrement du monde sous le jeu de puissances intercalaires ? Bien sûr que non. Le jeu d’influence stratégique met désormais en confrontation deux univers complètement antagonique, la Chine et le reste du monde capitaliste, USA compris, d’un côté. De l’autre côté, le reste du monde (toutes les sociétés délabrées par la pauvreté et l’indigence) vacille entre les compromis instables que cette situation engendre.
En effet, l’Amérique actuelle est pathologiquement obsédée par la montée en puissance de l’empire du levant et qui fait peur à tous ces nantis de l’Humanité décadente en termes de valeurs et d’idées. Et tant mieux, en fin de compte, puisque la puissance américaine semble désorientée par la constellation chinoise au point de chercher d’autres mécanismes de rééquilibrage international, notamment avec cet AUKUS, nouvel axe d’alliance stratégique regroupant l’Australie, le Royaume Uni et les USA, au grand dam de l’Europe occidentale sous la houlette de la France. Ce nouvel instrument donne le coup d’envoi à une coopération militaire, technologique et industrielle qui va au-delà d’une simple coopération économique pour tendre vers une toile d’araignée géostratégique et géopolitique.
Cette réorientation américaine de l’axe de dominance, sachant que les États-Unis, minés par les dissensions politiques internes nées de la folie exubérante de l’ancien président sorti par Biden, ne peuvent plus faire confiance à une Europe vacillante et sous le choc de la montée d’une extrême droite obnubilée par ses penchants xénophobes, racistes et, surtout, national-chauvins. Ce nouveau partenariat, qui sonne la marginalisation de fait de la France et de ses alliés européens, s’activerait très certainement dans les domaines de l’intelligence artificielle et la cyber-industrie, face à une Chine prédominante en la matière et dont l’expansion multidimensionnelle inquiète au plus haut point les pontes américains. Si l’on insère dans cette configuration la Russie, le monde est bel et bien parti pour une nouvelle ère de déséquilibre dont nul ne connaît l’aboutissement final.
Cette lecture de décomposition/recomposition des alliances stratégiques est partagée un peu partout par les observateurs des relations internationales, qui soulignent que le sujet prégnant des préoccupations pour les Américains se trouve dans des ententes d’intérêt commun, notamment entre la Chine et la Russie. C’est en ce sens que les USA s’en vont en quête de partenaires souverains, autonomes qui ne sont pas aliénés à une ''Europe du consensus mou, de l’indécision. Isolé, en panique, (un vieux continent qui) se braque, avec l’énergie du désespoir, sur ses vieux acquis en pleine décomposition''.
Cette nouvelle compartimentation des zones d’influence fait penser à cette phrase d'une Secrétaire d’État US à l'apogée de sa puissance et qui a lancé à la face de ses interlocuteurs : “Si nous devons avoir recours à la force, c’est parce que nous sommes l’Amérique; nous sommes la nation indispensable’’ (Quelle fumisterie !).
Est-ce toujours le cas ? La fin du siècle américain semble se préciser aujourd'hui, la Chine se présentant comme une potentielle puissance de rechange, mais le veut-elle vraiment ? Rien n'est moins sûr, parce que ses intérêts sont d'un autre ordre, celui de la surexistence malgré tout, malgré les grandes embûches qui se posent à l'Univers frontalement déséquilibré par les caprices de la nature et les changements climatique dont la corrosion terrestre est la plus grave et la plus imminente. Par ailleurs, le délitement de la puissance américaine est énoncée par de nombreux faits, notamment, mais pas uniquement, cet échec cuisant en Afghanistan d'où, après 20 ans d'une guerre dont on ne cerne aucun tenant conséquent, les USA se sont retirés la queue entre les mains, comme de lâches fuyards, laissant un pays et des populations démunies entre les mains des hordes que les Américains voulaient apparemment annihiler de la surface de la terre.
Bien sûr, dans ce jeu de puissances, le reste du monde devrait choisir. Mais quel choix est celui qui vous conduit à être l’éternel suiveur ! Quoiqu’il en soit, il semble à notre homme que le covid-19 a mis en marche le rouleau compresseur devant aboutir à un autre modèle de société qui ne se réfère plus ni au socialisme/communisme comme enjeu de puissances romantique, ni au capitalisme aujourd’hui en lente agonie qui prendra, bien sûr, tout son temps. Il est tout-à-fiat plausible que le capitalisme, comme le communisme hier tout récent aient fait leur preuve. Il est donc de l'ordre historique qu'il y ait l'avènement d'une autre modèle qui n'est certes pas encore identifiable mais qui est à l’agenda des possibles.
Le ‘’nouvel ordre international’’, né de la guerre bidimensionnelle menée contre l’Irak en 1991-93 et, surtout, au contact du 11 septembre 2001, consacre la compartimentation triangulaire mondiale (USA-Europe, Chine-Russie et reste du monde). Celle-ci est cimentée à travers la mise en service commandé du Conseil de sécurité de l’ONU et de toutes les instances internationales. Elle a ainsi façonné l’articulation/désarticulation des zones d’influence et de dominance américaine à l’échelle internationale. Dans cet environnement fluctuant, outre le monopole hégémonique qui s’est opéré suite à la disparition du bloc soviétique, les inégalités régionales et mondiales se sont exacerbées, le Sud devenant plus faible et entièrement soumis à la volonté de puissance occidentale, le Nord, bien qu’en crises répétitives, n’en reste pas moins dominant.
La conséquence logique à cela est que le monde est actuellement en proie à la peur de l’inconnu. Cet inconnu est synonyme de terreur barbare et incontrôlable potentielle, puisqu’il met en action des hordes qui semblent privilégier le choix du meurtre, plutôt que la sagesse du dialogue et de la négociation, donc du règlement des conflits dans le respect de l’esprit et de la lettre de la Charte des Nations Unies, c’est-à-dire dans la paix et la sécurité mondiales. Ce qui n’empêche pas la »démocratie libérale» de se sentir pousser des ailes de puissance.
Cette situation est le résultat, cela est archi-connu, de la déconnexion du socialisme en tant que référence politique matricielle antagonique qui maintenait un certain équilibre de la pensée humaine. Cette sensation de puissance est devenue exacerbée avec la dominance unique du système capitaliste mondialisé dictant sa volonté de puissance à l’univers des hommes. La disparition du socialisme n’a-t-il pas été appréhendé, en fin de compte, comme étant l’indicateur a posteriori de la déflagration et de la lutte entre devenirs humains concurrentiels ? La ‘’mort’’ du marxisme n’a-t-elle pas, de son côté, signé la fin de l’histoire sociale au profit de l’histoire économique et financière, celle-ci envisageant la démocratie capitaliste en un mélange conceptuel nouveau genre entre pacification et guerre totale sous la poigne des États-Unis ! La fin de l’Histoire (non pas dans le sens où l’entend Fukuyama) s’articule, en fait, en l’affirmation que la démocratie libérale capitaliste est la forme politique naturelle (autrement-dit accomplie), le point de non-retour de toute lutte politique (à l’échelle nationale et internationale).
L’Histoire universelle actuelle, qui se dessine tant bien que mal, sous les auspices de la géostratégie mondiale américaine, à laquelle adhère nonchalamment l’Union Européenne, occulte les nuances de style et les subtilités de l’esprit, tant les intérêts dominants des uns et des autres sont convergents et s’inscrivent dans une vision diachronique de l’Humanité plurielle. Et il est patent, du Sud au Nord, que cette Histoire ne peut être démocratiquement complémentaire. Car, en ce sens, la démocratie serait l’apanage de l’unique libéralisme, fondement de l’État capitaliste/financier occidental.
C’est en cela que ce que l’on appelle le néolibéralisme - mélange incestueux entre le libre-échange et le capital financier - est mis sur orbite et trouve sa déraison dans ''l’économie de marché (qui) n’est plus un principe de limitation de l’intervention de l’État. (cette économie serait plutôt) le fondement même d’une action publique qui se voit chargée d’œuvrer en continu pour diffuser les valeurs de la concurrence et de la compétitivité, dans l’économie et dans la société, mais aussi au cœur de l’État lui-même''. Dans ce modèle de l'exploitation effrénée du travail par le capital, l'économie exècre l’État tant qu’il ne lui permet pas de faire ce dont elle a envie. La pluralité est, dans cette stratégie, ou si l’on veut géostratégie, un antagonisme primaire, le libéralisme étant la formulation finie de l’histoire humaine contemporaine. A l’aune de cette histoire, il n’y a plus de mouvement créateur, mais une simple répétition des réflexes guerriers surdéterminant l’espace occidentalo-américain à la dimension du globe.
La guerre du Golfe (dans ses différents scenarii), en plus du fait qu’elle serait codifiée comme étant celle ayant amorcé le nouveau traçage du partage stratégique du monde, est l’alibi qui conforte le conscient collectif occidental dans ce qu’il croit être la lutte intransigeante contre l’empire du mal, surtout si celui-ci s’auréole d’islamisme et de panarabisme. Ne voit-on pas, en effet, se dessiner différentes théories amalgamant Islam, terrorisme, extermination des poches de résistance au nouvel ordre international dans l’inégalité des chances et des statuts ainsi que la mortification de l’Arabe, entendre les musulmans !
L’état des relations internationales se reflète dans le fait que l’Occident a noyé sa morale dans l’émerveillement antiterroriste. Déjà, cet Occident-américain est parti en guerre contre toute l’Humanité depuis 2001, sous prétexte de guerroyer contre les foyers terroristes. Drapés en chœur depuis la mise en place d’une clause dite de solidarité collective, l’Europe relaie les USA en envoyant à son tour à la face du terrorisme cette envolée stylistique, via l’après 11 septembre américain face aux différents actes criminels qui ont émaillé la scène internationale de Paris à Tunis, en passant par Madrid et tous les foyers vivant cycliquement sous l’effet dominos du terrorisme mondial.
De fait, ce qui n’est pas formellement reconnu, c’est ce déni sur lequel vivotent les théoriciens occidentaux rechignant à reconnaître que la restratification stratégique mondiale, façonnée par et dans les vertus de ce fameux 11 septembre 2001, a justifié tous les égarements institutionnels commis contre la liberté à l’échelle de la planète. Dans cette équation de la guerre totale et à l’infini, les libertés individuelles et collectives ont été mises à la trappe et risquent de le rester pendant longtemps encore. En aval, les extrémismes de tous bords s’acoquinent pour formaliser puis normaliser le retour du conservatisme et le triomphe amer de l’extrême droite un peu partout dans le monde, plus particulièrement en Europe. La fin de l’Histoire ne signifie pas, dans ce contexte déstabilisé, l’épuration totale du monde.
La fin de l’Histoire suppose in fine, dans le contexte de domination occidentalo-américaine de l’Univers des Hommes, le retour de la violence crue comme moyen primaire de survie et de gouvernance mondiale, sous la férule et la soumission sans condition de l’Arabe et du musulman là où ils peuvent être.
C’est ce à quoi les citoyens du monde sont confrontés dans leur quotidienneté aberrante. Ils assistent à la violence d’État sous différentes formes et manifestations sans pouvoir y faire quoique ce soit.
Par Najib BENSBIA I Dans un contexte international fluctuant, ce constat peut-il changer quelque chose au délabrement du monde sous le jeu de puissances intercalaires ? Bien sûr que non. Le jeu d’influence stratégique met désormais en confrontation deux univers complètement antagonique, la Chine et le reste du monde capitaliste, USA compris, d’un côté. De l’autre côté, le reste du monde (toutes les sociétés délabrées par la pauvreté et l’indigence) vacille entre les compromis instables que cette situation engendre.
En effet, l’Amérique actuelle est pathologiquement obsédée par la montée en puissance de l’empire du levant et qui fait peur à tous ces nantis de l’Humanité décadente en termes de valeurs et d’idées. Et tant mieux, en fin de compte, puisque la puissance américaine semble désorientée par la constellation chinoise au point de chercher d’autres mécanismes de rééquilibrage international, notamment avec cet AUKUS, nouvel axe d’alliance stratégique regroupant l’Australie, le Royaume Uni et les USA, au grand dam de l’Europe occidentale sous la houlette de la France. Ce nouvel instrument donne le coup d’envoi à une coopération militaire, technologique et industrielle qui va au-delà d’une simple coopération économique pour tendre vers une toile d’araignée géostratégique et géopolitique.
Cette réorientation américaine de l’axe de dominance, sachant que les États-Unis, minés par les dissensions politiques internes nées de la folie exubérante de l’ancien président sorti par Biden, ne peuvent plus faire confiance à une Europe vacillante et sous le choc de la montée d’une extrême droite obnubilée par ses penchants xénophobes, racistes et, surtout, national-chauvins. Ce nouveau partenariat, qui sonne la marginalisation de fait de la France et de ses alliés européens, s’activerait très certainement dans les domaines de l’intelligence artificielle et la cyber-industrie, face à une Chine prédominante en la matière et dont l’expansion multidimensionnelle inquiète au plus haut point les pontes américains. Si l’on insère dans cette configuration la Russie, le monde est bel et bien parti pour une nouvelle ère de déséquilibre dont nul ne connaît l’aboutissement final.
Cette lecture de décomposition/recomposition des alliances stratégiques est partagée un peu partout par les observateurs des relations internationales, qui soulignent que le sujet prégnant des préoccupations pour les Américains se trouve dans des ententes d’intérêt commun, notamment entre la Chine et la Russie. C’est en ce sens que les USA s’en vont en quête de partenaires souverains, autonomes qui ne sont pas aliénés à une ''Europe du consensus mou, de l’indécision. Isolé, en panique, (un vieux continent qui) se braque, avec l’énergie du désespoir, sur ses vieux acquis en pleine décomposition''.
Cette nouvelle compartimentation des zones d’influence fait penser à cette phrase d'une Secrétaire d’État US à l'apogée de sa puissance et qui a lancé à la face de ses interlocuteurs : “Si nous devons avoir recours à la force, c’est parce que nous sommes l’Amérique; nous sommes la nation indispensable’’ (Quelle fumisterie !).
Est-ce toujours le cas ? La fin du siècle américain semble se préciser aujourd'hui, la Chine se présentant comme une potentielle puissance de rechange, mais le veut-elle vraiment ? Rien n'est moins sûr, parce que ses intérêts sont d'un autre ordre, celui de la surexistence malgré tout, malgré les grandes embûches qui se posent à l'Univers frontalement déséquilibré par les caprices de la nature et les changements climatique dont la corrosion terrestre est la plus grave et la plus imminente. Par ailleurs, le délitement de la puissance américaine est énoncée par de nombreux faits, notamment, mais pas uniquement, cet échec cuisant en Afghanistan d'où, après 20 ans d'une guerre dont on ne cerne aucun tenant conséquent, les USA se sont retirés la queue entre les mains, comme de lâches fuyards, laissant un pays et des populations démunies entre les mains des hordes que les Américains voulaient apparemment annihiler de la surface de la terre.
Bien sûr, dans ce jeu de puissances, le reste du monde devrait choisir. Mais quel choix est celui qui vous conduit à être l’éternel suiveur ! Quoiqu’il en soit, il semble à notre homme que le covid-19 a mis en marche le rouleau compresseur devant aboutir à un autre modèle de société qui ne se réfère plus ni au socialisme/communisme comme enjeu de puissances romantique, ni au capitalisme aujourd’hui en lente agonie qui prendra, bien sûr, tout son temps. Il est tout-à-fiat plausible que le capitalisme, comme le communisme hier tout récent aient fait leur preuve. Il est donc de l'ordre historique qu'il y ait l'avènement d'une autre modèle qui n'est certes pas encore identifiable mais qui est à l’agenda des possibles.
Le ‘’nouvel ordre international’’, né de la guerre bidimensionnelle menée contre l’Irak en 1991-93 et, surtout, au contact du 11 septembre 2001, consacre la compartimentation triangulaire mondiale (USA-Europe, Chine-Russie et reste du monde). Celle-ci est cimentée à travers la mise en service commandé du Conseil de sécurité de l’ONU et de toutes les instances internationales. Elle a ainsi façonné l’articulation/désarticulation des zones d’influence et de dominance américaine à l’échelle internationale. Dans cet environnement fluctuant, outre le monopole hégémonique qui s’est opéré suite à la disparition du bloc soviétique, les inégalités régionales et mondiales se sont exacerbées, le Sud devenant plus faible et entièrement soumis à la volonté de puissance occidentale, le Nord, bien qu’en crises répétitives, n’en reste pas moins dominant.
La conséquence logique à cela est que le monde est actuellement en proie à la peur de l’inconnu. Cet inconnu est synonyme de terreur barbare et incontrôlable potentielle, puisqu’il met en action des hordes qui semblent privilégier le choix du meurtre, plutôt que la sagesse du dialogue et de la négociation, donc du règlement des conflits dans le respect de l’esprit et de la lettre de la Charte des Nations Unies, c’est-à-dire dans la paix et la sécurité mondiales. Ce qui n’empêche pas la »démocratie libérale» de se sentir pousser des ailes de puissance.
Cette situation est le résultat, cela est archi-connu, de la déconnexion du socialisme en tant que référence politique matricielle antagonique qui maintenait un certain équilibre de la pensée humaine. Cette sensation de puissance est devenue exacerbée avec la dominance unique du système capitaliste mondialisé dictant sa volonté de puissance à l’univers des hommes. La disparition du socialisme n’a-t-il pas été appréhendé, en fin de compte, comme étant l’indicateur a posteriori de la déflagration et de la lutte entre devenirs humains concurrentiels ? La ‘’mort’’ du marxisme n’a-t-elle pas, de son côté, signé la fin de l’histoire sociale au profit de l’histoire économique et financière, celle-ci envisageant la démocratie capitaliste en un mélange conceptuel nouveau genre entre pacification et guerre totale sous la poigne des États-Unis ! La fin de l’Histoire (non pas dans le sens où l’entend Fukuyama) s’articule, en fait, en l’affirmation que la démocratie libérale capitaliste est la forme politique naturelle (autrement-dit accomplie), le point de non-retour de toute lutte politique (à l’échelle nationale et internationale).
L’Histoire universelle actuelle, qui se dessine tant bien que mal, sous les auspices de la géostratégie mondiale américaine, à laquelle adhère nonchalamment l’Union Européenne, occulte les nuances de style et les subtilités de l’esprit, tant les intérêts dominants des uns et des autres sont convergents et s’inscrivent dans une vision diachronique de l’Humanité plurielle. Et il est patent, du Sud au Nord, que cette Histoire ne peut être démocratiquement complémentaire. Car, en ce sens, la démocratie serait l’apanage de l’unique libéralisme, fondement de l’État capitaliste/financier occidental.
C’est en cela que ce que l’on appelle le néolibéralisme - mélange incestueux entre le libre-échange et le capital financier - est mis sur orbite et trouve sa déraison dans ''l’économie de marché (qui) n’est plus un principe de limitation de l’intervention de l’État. (cette économie serait plutôt) le fondement même d’une action publique qui se voit chargée d’œuvrer en continu pour diffuser les valeurs de la concurrence et de la compétitivité, dans l’économie et dans la société, mais aussi au cœur de l’État lui-même''. Dans ce modèle de l'exploitation effrénée du travail par le capital, l'économie exècre l’État tant qu’il ne lui permet pas de faire ce dont elle a envie. La pluralité est, dans cette stratégie, ou si l’on veut géostratégie, un antagonisme primaire, le libéralisme étant la formulation finie de l’histoire humaine contemporaine. A l’aune de cette histoire, il n’y a plus de mouvement créateur, mais une simple répétition des réflexes guerriers surdéterminant l’espace occidentalo-américain à la dimension du globe.
La guerre du Golfe (dans ses différents scenarii), en plus du fait qu’elle serait codifiée comme étant celle ayant amorcé le nouveau traçage du partage stratégique du monde, est l’alibi qui conforte le conscient collectif occidental dans ce qu’il croit être la lutte intransigeante contre l’empire du mal, surtout si celui-ci s’auréole d’islamisme et de panarabisme. Ne voit-on pas, en effet, se dessiner différentes théories amalgamant Islam, terrorisme, extermination des poches de résistance au nouvel ordre international dans l’inégalité des chances et des statuts ainsi que la mortification de l’Arabe, entendre les musulmans !
L’état des relations internationales se reflète dans le fait que l’Occident a noyé sa morale dans l’émerveillement antiterroriste. Déjà, cet Occident-américain est parti en guerre contre toute l’Humanité depuis 2001, sous prétexte de guerroyer contre les foyers terroristes. Drapés en chœur depuis la mise en place d’une clause dite de solidarité collective, l’Europe relaie les USA en envoyant à son tour à la face du terrorisme cette envolée stylistique, via l’après 11 septembre américain face aux différents actes criminels qui ont émaillé la scène internationale de Paris à Tunis, en passant par Madrid et tous les foyers vivant cycliquement sous l’effet dominos du terrorisme mondial.
De fait, ce qui n’est pas formellement reconnu, c’est ce déni sur lequel vivotent les théoriciens occidentaux rechignant à reconnaître que la restratification stratégique mondiale, façonnée par et dans les vertus de ce fameux 11 septembre 2001, a justifié tous les égarements institutionnels commis contre la liberté à l’échelle de la planète. Dans cette équation de la guerre totale et à l’infini, les libertés individuelles et collectives ont été mises à la trappe et risquent de le rester pendant longtemps encore. En aval, les extrémismes de tous bords s’acoquinent pour formaliser puis normaliser le retour du conservatisme et le triomphe amer de l’extrême droite un peu partout dans le monde, plus particulièrement en Europe. La fin de l’Histoire ne signifie pas, dans ce contexte déstabilisé, l’épuration totale du monde.
La fin de l’Histoire suppose in fine, dans le contexte de domination occidentalo-américaine de l’Univers des Hommes, le retour de la violence crue comme moyen primaire de survie et de gouvernance mondiale, sous la férule et la soumission sans condition de l’Arabe et du musulman là où ils peuvent être.
C’est ce à quoi les citoyens du monde sont confrontés dans leur quotidienneté aberrante. Ils assistent à la violence d’État sous différentes formes et manifestations sans pouvoir y faire quoique ce soit.